L’Observatoire situationniste n’aura jamais été une organisation, un groupe constitué ou une école de pensée. Il n’a pas cherché à rassembler des adhérents, à fédérer des militants, à produire une doctrine ou à se constituer en référence. Il a été une activité critique, développée à travers des textes, des contributions, des échanges et quelques affinités. Cela n’exigeait aucune appartenance. On pouvait contribuer sans adhérer, discuter sans s’associer, partager une réflexion sans s’engager dans une entreprise collective permanente. Il n’y avait ni membres, ni représentants, ni direction à suivre, ni structure à faire vivre. Les rencontres et les contributions avaient leur intérêt propre, sans qu’il soit nécessaire de leur inventer une continuité. Une seule exigence s’imposait à tous : l’anonymat. Ce principe n’avait rien d’une coquetterie clandestine. Il s’agissait simplement de ne pas ajouter à la critique du monde une nouvelle occasion de s’y faire une place. Les textes n’étaient pa...
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